Des rebelles libyens se battent contre des forces pro-Kadhafi à Misrata, lundi 18 avril.AFP/PHIL MOORE
"Les bataillons de Kadhafi n'ont pas arrêté le pilonnage de la région, surtout de Nalout et Yefren, avec des roquettes Grad. Il y a eu cent dix morts parmi les rebelles et les civils dans ces deux villes", a déclaré un habitant de Yefren sous couvert d'anonymat. Un résident de Nalout, localité proche de la frontière tunisienne, a indiqué que les forces pro-Kadhafi étaient "en train de perpétrer un massacre" dans cette région montagneuse, faisant état d'au "moins cent morts en deux jours".
MITRAILLEUSES ET ROQUETTES
Un autre témoin évoque, dans la petite ville de Ghazaya, au nord-ouest de Nalout, des combats incessants à la mitrailleuse lourde et aux roquettes depuis dimanche 17 avril au soir. Selon lui, "les rebelles avancent de plusieurs côtés autour de Ghazaya, encerclant les forces pro-Kadhafi et les empêchant de quitter la ville".
Quelque onze mille berbères libyens des montagnes au sud-ouest de Tripoli se sont réfugiés en Tunisie la semaine passée, a rapporté l'agence officielle tunisienne TAP. Durant le week-end, trois mille personnes seraient arrivées dans la ville-frontière de Dehiba, dans le sud de la Tunisie, fuyant "d'intenses bombardements", toujours selon TAP.
COMBATS ACHARNÉS À MISRATA
Dans la ville assiégée de Misrata, le bilan des victimes s'est alourdi et la situation humanitaire reste inquiétante. En six semaines, un millier de personnes auraient péri à Misrata et trois mille auraient été blessées, d'après des sources médicales.
Des ONG présentes sur place, comme Médecins sans frontières (MSF), constatent que les besoins médicaux sont flagrants. "Quatre vingts pour cent des morts sont des civils", a indiqué le docteur Khaled Abou Falgha, précisant que les combats incessants depuis la fin février avaient fait trois mille blessés. Contacté par Le Monde.fr, le docteur Andrei Slavuckij, qui faisait partie de l'expédition de MSF à Misrata, estime que "l'urgence humanitaire est partout".
L'ONU a reçu l'autorisation du gouvernement de M. Kadhafi d'y envoyer une mission du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU. Tripoli a d'autre part garanti "un passage sûr" à des équipes internationales humanitaires dans les zones qu'il contrôle. Auparavant, le secrétaire d'Etat pour le développement international britannique, Andrew Mitchell, avait déclaré à la BBC que la situation à Misrata s'était "sérieusement détériorée ces derniers jours". Il a annoncé que son pays allait évacuer par la mer, via l'Organisation internationale pour les migrations, cinq mille travailleurs étrangers qui y sont encore bloqués.
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